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VENISE: PRESENCE / ABSENCE
Par Giscard Bouchotte

On évoque souvent les chiffres vertigineux de la Biennale de Venise (plus de 4500 oeuvres exposées, 88 Pavillons nationaux), la Biennale c'est aussi des présences inattendues et des absences notoires. L'Angola et la Côte d'Ivoire présentent leur premier Pavillon cette année : le premier reçoit un Lion d'or pour l'exposition "Luanda, Encyclopedic city". Le deuxième à peine mentionné dans la presse avec l'exposition "Des traces et des signes" (notre photo). Il y a deux ans, Haïti et le Zimbabwe présentaient en même temps leur premier Pavillon. Le Zimbabwe récidive cette année (avec le même commissaire), Haïti rejoint le lot des absents. L'Afrique du Sud, après des années d'absence jusqu'en 2011, a failli rater l'occasion. Il faudrait écrire une chronique sur ces présences/absences à la Biennale de Venise et probablement continuer à questionner la pertinence de tous ces pavillons nationaux, dans un monde où de plus en plus de créateurs souhaitent qu'on les considère comme tel et non comme des ambassadeurs de tel ou tel pays. Dix pays présentent un Pavillon cette année pour la première fois, l'Angola, Bahamas, Barhain, Côte d’Ivoire, Kosovo, Koweit, Maldives, Paraguay, Tuvalu, et le Vatican. Lesquels seront encore présents en 2015 ?

ELOGE DU COSMOPOLITISME I LE MONDE COMME ROYAUME
Par Giscard Bouchotte

Un certain chauvinisme étroit réduit la culture de plus en plus aux traditions, une sorte de nostalgie éternelle du tout-va, sans voir ce qui advient. Et si l'Art proposait autre chose ? La pratique artistique n'est pas seulement production d'artefacts. Il est aussi occasion de rencontres, de débats, un espace d'échanges où s'expérimente la complexité du monde. Notre devenir s'envisage dans la multi appartenance culturelle et l'hybridité. L'art, c'est l'art d'aller au-delà des frontières nationales. Les nouveaux défis qui surgissent dans le cadre de la mondialisation eux se moquent de territoires et de frontières: le terrorisme mondial, la régulation juridique d'internet, les risques de pandémies, les questions environnementales. Ces enjeux dépassent la compétence des États-nations et les solutions résident en une coopération accrue entre des citoyens, quelque soit leur nationalité. "La créolisation du monde, comme dirait Edouard Glissant, est irréversible".

PAYS SANS CHAPEAU
Par
Dany Laferrière

"Ce qui frappe d’abord, c’est cette odeur. La ville pue. Plus d’un million de gens vivent dans une sorte de vase (ce mélange de boue noire, de détritus et de cadavres d’animaux). Tout cela sous un ciel torride. La sueur. On pisse partout, hommes et bêtes. Les égouts à ciel ouvert. Les gens crachent par terre, presque sur le pied du voisin. L’odeur à Port-au-Prince est devenue si puissante qu’elle élimine tous les autres parfums individuels. Toute tentative personnelle devient impossible dans ces conditions. La lutte est par trop inégale". Extrait de Pays sans chapeau, Paris, Le serpent à plumes, 1999)

 

LE GRAND DEFI DES CREATEURS
Par Giscard Bouchotte

Réfléchir. Imaginer. Agir. Tout créateur souhaite plutôt agir que d'être uniquement témoins d'une époque. Tout créateur souhaite faire en sorte que leur rêve ne soit pas que des mots, mais qu'il puisse devenir réalité et changer des esprits et des coeurs. Car, le créateur tout obsédé qu'il est par son travail, n'est pas séparé du reste. Le monde est là, autour de lui, avec ses chiffres et ses détresses. Plus de 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde ! Alors, que peut la création face à de telles urgences ? Quel est vraiment le rôle du créateur ? Est ce vraiment à eux de chercher des solutions ? En utilisant le langage qui est le sien, le créateur est celui qui s'érige en gardien du beau. Quand tout part en peau de chagrin, il nous rappelle que la beauté peut sauver le monde. A ceux qui sont convaincus que la politique a toutes les solutions, le créateur propose de rêver le monde, de réfléchir, d'imaginer, d'agir. Apprendre à résister à l'attraction des lieux de pouvoir. Et comme dirait Paul Rozenberg, "contre les Infaillibles", le grand défi des vulnérables.

REENCHANTER  DES  TERRITOIRES
Par
Giscard Bouchotte
La mondialisation, phénomène tant décrié par les altermondialistes du monde entier, est un processus complexe et paradoxal qui, parallèlement aux phénomènes de destruction massive et d’homogénéisation engendrés, a tout aussi bien révélé des processus de complémentarité, d’invention et de création. Pour Edouard Glissant, "les cultures du monde mises en contact de manière foudroyante les unes avec les autres, en s’échangeant à travers des heurts irrémissibles, mais aussi des avancées d’espoir qui permettent de dire que les humanités d’aujourd’hui abandonnent ce à quoi elles s’obstinaient depuis longtemps, à savoir que l’identité d’un être n’est valable et reconnaissable que si elle est exclusive de l’identité de tous les autres êtres possibles". Edouard Glissant parle de la « créolisation du monde » comme d’un processus inévitable entamé et dont il faut tirer parti. [ Lire la suite ]
DE LA CREATION, DU CENTRE ET DES PERIPHERIES
Par
Mehdi Chalmers
On pourrait dire, pour commencer, que toute production artistique, esthétique, sous sa forme sacrée ou sous sa forme la lys « spectaculaire » dans nos sociétés marchandes, dans sa présence infuse ou immanente, se situe par essence à la périphérie des relations humaines, « dans un coin » précisément sacré ou marginal. On pourrait le dire, et la messe serait dite ! Les discours sur l’art sont friands de métaphores, comme si pour parler concrètement de lui-même l’art était à court de mots. Parler de périphérie c’est utiliser un terme de géographie, de sociologie ou de géopolitique : centres et périphéries, métropoles et provinces, etc. Cet emprunt terminologique permettrait à l’art de se concevoir « dans le monde ». [ Lire la suite… ] 
PERIFEERIQUES: D'AUTRES HISTOIRES QUE LES NOTRES ...
Par
Giscard Bouchotte

Si les rencontres nous servent de prétexte pour raconter des histoires, il faudrait pouvoir raconter une histoire différente à chaque rencontre. Haïti. Caméroun. Sénégal. Bénin. Parce que chaque rencontre est unique et qu'il n'y a pas qu'une histoire à raconter, mais des histoires. Cela nécessite d'être à l'écoute aussi. On ne sauvera pas un territoire en laissant périr un autre. Inventer le monde mais aussi inventer de nouveaux modes d'intervention dans nos espaces, inventer de nouvelles manières d'appartenir au monde. Miser sur la part de merveilleux qui sommeille en chacun de nous. Si nous devons raconter la beauté de notre territoire, il faudrait pouvoir raconter celle de tous les territoires en même temps. Tout territoire est à la fois la ville, le musée, sa périphérie et le monde. A l'occasion de la Biennale Bénin (du 8 novembre au 12 janvier 2013), Chantiers du Sud lance le cycle "PERIFEERIQUES" qui propose une réflexion sur les pratiques artistiques et les territoires. A la périphérie de la périphérie du monde. Lire la suite

REACTIVER L'ESPACE PUBLIC, INVENTER DE NOUVELLES CIVILITES
Par
Fiona Meadows et Michel Buisson

Manger dans la rue se résume souvent à avaler un « aliment préparé » en posture debout, pris entre les flots discontinus des piétons et celui des automobiles. Les bancs publics, jadis lieu de convivialité sont considérés désormais comme source de désordre ; tolérés dans nos jardins et nos parcs publics ils sont proscris de la plupart de nos rues. Hormis la terrasse de café, rien n’invite aujourd’hui à s’arrêter dans la rue pour se restaurer seul ou à plusieurs, se poser et prendre le temps. Cette réalité repose sur une représentation fonctionnaliste de l’espace public, exclusivement dédié à la gestion des flux, individus et marchandises. Pour celui qui refuse le déjeuner au bureau devant son ordinateur, dans l’entreprise, à l’usine, ou le dîner au restaurant, aucune autre alternative que celle du « fast food » et de la « baraque à frite », réalité exécrée de la « malbouffe ».[Lire la suite ] [english version

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"LE REFLET DU CIEL" 

par Ishola Akpo vidéo 1'


 

L'eau est vitale pour l'homme. Elle désaltère, elle nettoie, elle transforme, elle sculpte le paysage, celui des corps et ceux du monde. Elle est multiforme tout en épousant la forme de qui la contient. Les nuages, la vapeur ou la glace nous inspirent. L'eau est à la fois une denrée rarissime et très convoitée. ‘’Le reflet du Ciel’’ pose la question de l'utilisation de l'eau très inégalée dans le monde, selon qu'on soit du nord ou du sud. Cette vidéo a été réalisée lors du workshop Password International au Bénin du 15 au 30 avril 2013


CIRCULATION INTERNATIONALE DE
HAITI ROYAUME DE CE MONDE



Dans le cadre de l'édition 2011 de "La Nuit des Musées", le Musée du Quai Branly a sollicité Chantiers du Sud pour conçevoir une soirée sous le thème "Etonnante Haïti" Lancée en 2005 par le ministère de la Culture et de la Communication, cette manifestation fédère chaque années tous les publics lors d’une nocturne exceptionnelle. "Nous sommes un peuple qui donne" est un projet ambitieux et original sous forme de performances individuelles et collectives et des textes sur corps pour 40000m2 de Musée. Une carte blanche à toutes les expressions artistiques (musique, films, danse, vidéo, spectacle vivant, installation, textes) Voir la programmation en ligne.

Voir la performance, sérigraphies sur corps au Plateau des collections
Performances individuelles et collectives
Voir les photos des performances individuelles et collectives





 

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