"Surtout, soyez toujours capable de ressentir, au plus profond de vous, n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, n'importe où dans le monde" disait Ernesto Che Guevara. Les redresseurs de Calavi (Bénin) pourraient faire de ce message du commandante leur précepte. Cette phrase aurait pu être au fronton de cette maison qui leur sert de salle d'entrainement et expliquerait mieux leur mission. Ressentir l'injustice est une chose. Proposer des solutions en est une autre. Que faire face à une justice d'Etat qui fonctionne à deux vitesses dans le monde, "selon que vous soyez puissants ou misérables…" ? C'est ainsi qu'une nouvelle classe de "justiciers" voit le jour, parce que rien n'est donné dans ce monde de la débrouille, même s'il est de bon ton d'exhorter les plus jeunes à assumer le plus d'humanités possibles. Pour ces redresseurs des petits conflits du quotidien, c'est l'inévitable nécessité du "vivre ensemble" qui doit l'emporter sur l'inévitable alternative, oeil pour oeil, dent pour dent. [Lire la suite ]
HAITI ROYAUME DE CE MONDE: DERNIERS JOURS A MIAMI Par Jennifer Kay
Les figurines en métal, debout comme des sentinelles au milieu de l'exposition d'art haïtien contemporain sont fait de morceaux de ferraille et d'objets trouvés: des clous, des marbres, de vieilles chaussures, sommiers à ressorts, des bouts de pneus, des pièces de ventilateurs et d'autres déchets . Il serait facile de les rejeter comme objets kitsch, les produits d'un pays chaotique qui semble être maudit, une situation aggravée par les décombres du terrible séisme qui a frappé, le pays il y a deux ans et les querelles politiques. Il n'y a rien de pitoyable en présentant ces figurines. D'un vert argenté, ils semblent armés pour l'après-apocalypse. Leurs yeux de marbre sont constamment ouverts. Certaines retiennent l'attention du spectateur avec leurs postures graphiques. [Lire la suite ][Lire la suite]
POUR EN FINIR AVEC LES CARAVELLES DU MALHEUR Par Giscard Bouchotte
Jacques S. Alexis prétendait que tout ce qui advient surgit du plus profond de nous même et que c'est l'éclat de notre personnalité qui sollicite le hasard comme le paratonnerre attire la foudre. Il mettait au coeur de ce qui arrive notre propre responsabilité. Il y a quelque chose de cet ordre là pour les territoires qui sont les nôtres, les gouvernements qu'on a, les projets qui nous obsèdent. Les malheurs auxquels nous faisons face ne nous sont jamais étrangers, ils nous révèlent. Nous devons être capable de faire preuve de loyauté envers nous mêmes, s'engager à aller jusqu'au bout de nos idées et nous donner les moyens de nos ambitions. Dans les lois de la Marine, le capitaine est le dernier membre d'équipage à quitter un navire qui coule. Encore faut il que le naufrage dure pour l'espérer vivant à la fin ! Tout capitaine sait que c'est au prix de sa personne qu'il accepte de prendre le large [Lire la suite ]
GLISSANT: EXTRAIT D'UNE CONVERSATION NON FINIE/AN UNFINISHED CONVERSATION
"L’Utopie n’est pas un rêve. Elle est ce qui nous manque dans le monde. Le philosophe français Deleuze dit que la fonction de la littérature et de l’art est de créer un peuple qui nous manque. Pour moi l’Utopie est ce qui nous manque dans le monde. Donc, nous ne saurions donner une définition que “l’Utopie est ceci et cela et cela…” On ne peut qu’essayer d’imaginer : “qu’en serait-il si nous avions cela”, et nous ne saurions dire ce qu’est cela, sauf qu’avec lui, le monde serait plus près de nous et nous serions plus près du monde, le mode entier, le Tout-monde. S’il n’en est pas ainsi, nous manquons au monde et nous n’en avons pas le droit, parce que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le monde n’est plus pour nous un rêve, n’est plus un projet, mais avant tout une souffrance, une souffrance de tous. Nous devons imaginer ce que cette souffrance peut devenir. Elle peut devenir art, elle peut devenir justice, elle peut devenir liberté – c’est là notre travail dans le monde. Non comme martiniquais ni américains ni Allemands ni français ni italiens, etc.… mais comme particules élémentaires du monde entier"
LA CULTURE QUI NOUS SAUVERA? Par Giscard Bouchotte
Au lendemain du 12 janvier l’écrivain Dany Laferrière a prononcé une sentence que les médias n’allaient pas tarder à reprendre à l’unisson : « c’est la culture qui nous sauvera ». Cette sentence, quoique fort énigmatique, a fait le tour du monde au point de servir parfois de cadre réflexif pour approcher la question haïtienne. Charité bien ordonnée, la « culture » a su ainsi recevoir quelques petites attentions spéciales de la main des donateurs. Ceux et celles qui ont bénéficié des dons pour la culture en témoigneront certainement un jour. [ .Lire la suite ] -------- [ English version ]
TOUBAB DIALAW DANS TOUS NOS REVES Par Giscard Bouchotte
Dakar prend de plus en plus des airs de ville moderne. Avec ses constructions à n'en plus finir, son autoroute à péage, ses événements internationaux, sa Biennale. A Toubab Dialaw, l'expérience de la pratique artistique de Gérard Chenet comme réponse à la pauvreté a fait son chemin. L'art total qui véhicule l'émotion, la tolérance et rapprocherait ainsi les peuples. L'imaginaire comme matière première. Les danseurs de l'Ecole des Sables ou les sculpteurs de Sobo Bade ont appris, depuis ce petit village de pêcheurs, à avoir le monde comme horizon. Comme si tous les chemins menaient à Toubab Dialaw ! [ Lire la suite ]
LE GRAND BASEL DE CE MONDE Par Giscard Bouchotte
Il est des villes qui sont comme des musées à ciel ouvert. C'est à peine si on arrive à y vivre. Il en est d'autres qui sont à l'image du monde : la diversité d'origine de leurs habitants apportent leur dose de fraicheur et de tolérance. Miami est de ces villes. Théâtre d'une immigration active qui fait sa force, elle se renouvelle sans cesse, affichant sa richesse sans complexe, comme d'autres villes affichent leur pauvreté. Le seul signe palpable de la crise: ces quelques tours hauts de vingt étages restées vides depuis trois ans, faute de preneur de leurs condominiums de luxe. Ces tours finissent par faire partie du paysage. Banal. Autant dire qu'on se moque royalement que Port-au-Prince peine à se reconstruire ou que Paris tourne en rond pour trouver une solution à ses milliers de mal logés et sans abris.[Lire la suite ]
BAMAKO EDEN DE TOUTES LES RENCONTRES Par Giscard Bouchotte Chaque ville rêve de son rendez-vous avec le monde. Les Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la Photographie occupe depuis quelques années le champ culturel du continent africain. On commence la visite au Musée national du Mali pour découvrir l'exposition panafricaine. Un essai cartographique dans lequel images fixes côtoient images en mouvement, sans complexe. Pour Michket Krifa et Laura Serani, commissaires d'exposition, celle ci "offre un kaléidoscope de la production récente à travers la contribution d’artistes de différentes générations, confirmés ou à découvrir, tandis que les expositions monographiques permettent des focus sur des sujets ou des œuvres particulièrement pertinentes" .[Lire la suite ]
L'Atelier Photographique avec David Damoison Par Giscard Bouchotte
"…Il fallait nous entraîner à manier les rudiments spécifiques de la plastique picturale et à inventer chaque jour, à titre de gammes, des combinaisons nouvelles de signes purs…
...La nature elle aussi crée des formes, elle imprime dans les objets dont elle est faite et aux forces dont elle les anime des figures et des symétries. Les ondes les plus ténues et les plus rapides ont une forme. [Lire la suite ]
UN APPEL D'AIR Par Giscard Bouchotte
A l’origine du projet d'Ateliers photographiques en Haïti, il y a d’abord notre constat du nombre très limité de jeunes photographes sur la scène artistique en Haïti. Il y eut aussi la volonté exprimée par quelques jeunes artistes d’explorer un autre médium et de montrer un univers que beaucoup d’autres racontent à leur place. Cette quasi-absence de jeunes photographes, qui vivent en Haïti, a été le déclencheur de cette action, au regard de jeunes espoirs sur le continent africain que des manifestations comme les Rencontres de Bamako ou la Biennale de Dakar ont révélés, avant d'être consacrés ailleurs. Ces manifestations, de par leur contexte de plus en plus professionnel et les prix décernés, consacrent des photographes et vidéastes très connus sur le continent et offrent des opportunités de visibilité à quelques jeunes. Ces manifestations de type Biennales ont le mérite de créer un appel d’air en matière de photographie contemporaine. [ Lire la suite]
CONNECTING SOUTH #1
Chantiers du Sud initie un premier projet réseau, CONNECTING SOUTH #1. Ces rendez-vous seront des occasions de rencontres avec un ou plusieurs créateurs d’un pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et de leur diaspora autour d’une exposition ou d’une installation. Dès ses débuts, Chantiers du Sud s’est donné pour mission de créer des pôles de créativité, de résidence et de visibilité de la jeune création contemporaine de ces pays. C’est à la Maison M situé au cœur de la Ville de Saint-Denis que nous nous donnons rendez-vous. Le camerounais Lamyne Mohamed et le franco-togolais Yao Metosko vont partager avec nous les premiers moments forts de CONNECTING SOUTH #1. [ Lire la suite ]
UN PREMIER PAVILLON D'HAITI A LA BIENNALE DE VENISE
La République d'Haïti participe pour la première fois avec un Pavillon à la prestigieuse Biennale de Venise. Ce Premier Pavillon est articulé en deux espaces d’exposition : Death and Fertility" sous le commissariat de Daniele Geminani qui accueille les œuvres de trois sculpteurs de la Grand'rue hors les murs (André Eugène, Celeur Jean Hérard et Jean Claude Saintilus). Le deuxième espace montre un spectre plus large de la création contemporaine haïtienne à la Fondation Querini Stampalia, en relation avec le thème de la 54ème biennale, ILLUMInations, sous le commissariat de Giscard Bouchotte. [Lire la suite ]
L'ART HAITIEN AU FORUM DE L'OCDE
A l’occasion du 50ème anniversaire de l'OCDE et de la Réunion ministérielle (Du 24 au 27 mai 2011) dont la présidence est assurée cette année par les Etats-Unis et la vice-présidence par l'Allemagne, l’OCDE a sollicité Chantiers du Sud pour présenter Paskö, un jeune artiste de l’exposition Haïti Royaume de ce monde qui a eu lieu à Paris du 8 avril au 18 mai dernier chez agnès b et qui fait l’objet du Premier Pavillon National haïtien à la 54ème Biennale de Venise, du 2 juin au 31 juillet 2011, Fondation Querini Stampalia (Venise) [Lire la suite ]
L’exposition Haïti Royaume de ce monde est née de la nécessité de dresser un état des lieux de la création contemporaine en Haïti, de donner à voir les travaux des artistes qui, au quotidien, questionnent le chaos. Ils sont plasticiens, photographes, sculpteurs, peintres, performeurs, vidéastes, ils sont les acteurs essentiels de leur époque. L’exposition est pensée comme un laboratoire dont ils sont les dépositaires.[Lire la suite]
- EDITO 1: -
LA TENDRESSE DU MONDE Par Giscard Bouchotte L’écrivain haïtien au Prix Médicis, Dany Laferrière était l'invité de Claude Arnaud, à Paris, quelques jours après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. A la question d'une assistante qui lui demandait comment il allait personnellement mettre la main à la pâte pour la "reconstruction" de ce pays, il rappelait que la "reconstruction" n'est pas seulement "une affaire de main et de pâte. Il s’agit également de reconstruire notre regard, que les plus influents des diasporas du monde puissent s'ériger en ambassadeur de sa culture, et c'est peut être ça le rôle de l'écrivain que je suis". [ Lire la suite]
CONVERSATIONAVEC VOUS
Ishola Akpo est né en 1983 en Côte d’Ivoire. Après des études de graphisme, le jeune artiste, qui a toujours baigné dans le milieu des arts visuels, choisit pour médium la photographie et la vidéo. Aussi, il travaille à partir d’images numériques retouchées, et créer ses propres images à partir d’alliages de couleurs et de formes figuratives, qui renouvellent le genre du collage et revendiquent leur artificialité formelle pour mieux affirmer la profondeur de leur discours.
Volontairement construites, ces images renvoient pourtant à des réalités africaines profondes : L’artiste parle de souffrance, de violence mais aussi des traditions rituelles, et religieuses. Mélangeant ses thématiques, il en fait des métaphores plurielles qui permettent toujours une multitude de niveaux de lectures.
CIRCULATIONINTERNATIONALE DE
HAITI ROYAUME DE CE MONDE
Dans le cadre de l'édition 2011 de "La Nuit des Musées", le Musée du Quai Branly a sollicité Chantiers du Sud pour conçevoir une soirée sous le thème "Etonnante Haïti" Lancée en 2005 par le ministère de la Culture et de la Communication, cette manifestation fédère chaque années tous les publics lors d’une nocturne exceptionnelle. "Nous sommes un peuple qui donne" est un projet ambitieux et original sous forme de performances individuelles et collectives et des textes sur corps pour 40000m2 de Musée. Une carte blanche à toutes les expressions artistiques (musique, films, danse, vidéo, spectacle vivant, installation, textes). Voir la programmation en ligne